Emploi : quitter ses études augmente le risque de chômage
En France, 20 % des 15-34 ans déclarent avoir déjà interrompu leur scolarité initiale, selon une étude publiée par l’Insee en 2026. Dans de nombreux cas, cet abandon pèse durablement sur l’accès à l’emploi.
Un décrochage aux conséquences variables
Parmi les 16 millions de jeunes français âgés de 15 à 34 ans, un sur cinq indique avoir abandonné une formation initiale. Ce taux dépasse la moyenne de l’Union européenne, établie à 14 %, précise l’Insee.
Toutes les situations ne se ressemblent toutefois pas. Dans 39 % des cas, l’interruption débouche sur une réorientation ou un redoublement après quelques mois. Ces parcours « accidentés » n’entraînent pas de sur-risque significatif de chômage par rapport aux jeunes n’ayant jamais interrompu leur formation, en se basant sur des caractéristiques comparables. Un écart demeure cependant, la probabilité d’accéder à un emploi cadre restant inférieure d’environ un tiers.
La situation est plus délicate lorsque l’abandon marque la fin des études. Or, dans 43 % des cas, l’arrêt de formation est définitif, souligne l’Insee.
Un risque accru de chômage et d’emplois précaires
Les écarts d’insertion sont marqués. En 2024, 23 % des jeunes ayant arrêté définitivement leurs études sont au chômage, contre 15 % pour ceux n’ayant jamais interrompu leur formation. Même à profil comparable (origine sociale, genre, niveau de diplôme, expérience professionnelle), l’abandon reste pénalisant, puisqu’il augmente de 33 % le risque d’être au chômage.
Le niveau de diplôme joue aussi un rôle déterminant. Seuls 11 % des jeunes ayant quitté définitivement leur formation sont titulaires d’un diplôme supérieur à la date de l’enquête. Le décrochage avant le baccalauréat apparaît particulièrement pénalisant. En effet, dans deux cas sur trois, il est alors définitif.
Lorsqu’ils occupent un emploi, leurs conditions sont aussi plus fragiles :
- 20 % sont en CDD ou en intérim (contre 14 %) ;
- 9 % travaillent à temps partiel (contre 5 %) ;
- et seuls 8 % accèdent à un poste de cadre (contre 24 % pour les autres jeunes).
Des conséquences directes sur l’équilibre budgétaire
Dans un contexte de ralentissement économique et de progression du chômage, ces écarts d’insertion ont des répercussions concrètes sur la situation financière des ménages. Un accès plus difficile à l’emploi stable signifie des revenus plus irréguliers, une capacité d’épargne réduite et une exposition accrue aux imprévus.
La précarité contractuelle ou les périodes de chômage prolongées peuvent compliquer la gestion des charges fixes (loyer, énergie, remboursements de crédits). Et dans certains cas, l’accumulation de dettes peut conduire à des situations de surendettement, nécessitant un accompagnement spécifique pour rétablir l’équilibre budgétaire.



