Comment le gouvernement ambitionne de relancer la consommation
Alors que la consommation des ménages peine à repartir, le gouvernement mise sur des mesures ciblées pour soutenir l’activité. Parmi elles, un déblocage anticipé de l’épargne salariale, dont l’impact économique reste largement débattu.
Une consommation toujours atone
La reprise de la consommation demeure fragile en France. Après un léger frémissement observé entre août et octobre, les achats de biens ont reculé de 0,3 % en novembre, selon les dernières données de l'Insee. Dans un contexte marqué par l’attente de l’adoption du budget 2026 et par des craintes liées à une possible hausse des impôts, les ménages privilégient l’épargne, malgré une inflation désormais très faible.
Toujours selon l’Insee, les hausses de pouvoir d’achat enregistrées ces derniers trimestres n’ont pas soutenu la consommation, mais ont contribué à faire progresser le taux d’épargne à un niveau historiquement élevé. Celui-ci atteindrait 18 % à mi-année, traduisant un comportement de précaution durable face aux incertitudes économiques et politiques.
Le déblocage de l’épargne salariale, une mesure à l’efficacité limitée
Pour stimuler rapidement la demande, le ministre des PME et du Commerce, Serge Papin, a proposé d’autoriser un déblocage anticipé jusqu’à 2 000 € des plans d’épargne entreprise (PEE), exonéré d’impôt sur le revenu.
Ce dispositif a déjà été utilisé à plusieurs reprises au cours des vingt dernières années. Toutefois, son efficacité macroéconomique reste jugée modeste par de nombreux économistes, comme le rapporte un article des Échos. En effet, le directeur du Cercle de l’épargne souligne que l’impact de ces déblocages successifs tend à s’amenuiser, les montants retirés étant de plus en plus faibles. Lors du dernier dispositif mis en place en 2022, seulement 309 000 personnes y ont eu recours, pour un montant global estimé à 1,3 milliard d’euros d’après le Parlement.
Une consommation dépendante du contexte politique et budgétaire
Au-delà de ces mesures ponctuelles, l’évolution de la consommation dépendra largement du climat politique et financier. La Banque de France indique qu’une stabilisation institutionnelle serait favorable à l’activité à court terme. À contrario, la persistance des incertitudes pèserait sur les dépenses des ménages.
À ce stade, la Banque de France anticipe une progression de la consommation de 0,8 % en 2026, après +0,4 % en 2025. Dans ce contexte de tensions budgétaires, la gestion globale du budget des ménages reste un enjeu central, et la solution d’un rachat de crédits pourrait constituer une alternative pour un foyer confronté à l’accumulation de nombreuses charges financières (crédits à la consommation, découvert bancaire, arriérés d'impôts, etc.).



