Retraites : la chute des naissances creuse le déficit !
Le Conseil d’orientation des retraites (COR) revoit ses projections financières. Face à la baisse de la natalité, le déficit du système des retraites promet de chuter.
Des projections de déficit devenues obsolètes
Le Conseil d’orientation des retraites (COR) a confirmé qu’il devra dégrader ses perspectives financières lors de son rapport attendu en juin. En cause :
- un contexte démographique moins favorable que prévu ;
- et des hypothèses devenues obsolètes.
Jusqu’à présent, les projections s’appuyaient sur des données démographiques publiées par l’Insee en 2021. Elles retenaient notamment un taux de fécondité autour de 1,8 enfant par femme. Or la réalité s’en éloigne désormais nettement, avec un niveau tombé à environ 1,56. La France enregistre même aujourd’hui davantage de décès que de naissances. Un basculement démographique qui modifie en profondeur les perspectives à long terme.
En effet, dans ses précédents travaux, le COR s’appuyait sur des estimations de déficit du système des retraites proches de celles de la Cour des comptes :
- de plus de 6 milliards d’euros en 2030 ;
- à 15 milliards en 2035 ;
- et qui pourrait atteindre 30 milliards à l’horizon 2045.
Moins d’actifs, des dépenses toujours élevées
Le fonctionnement du système par répartition repose sur un principe simple : les cotisations des actifs financent les pensions des retraités. Autrement dit, une baisse durable du nombre de naissances signifie, à terme, moins d’actifs pour soutenir les dépenses. Selon le COR, l’impact immédiat reste limité, car les générations concernées n’entreront sur le marché du travail que dans une quinzaine d’années. Mais àl’ horizon 2035 ou 2045, le déséquilibre pourrait être plus marqué que prévu.
Le COR souligne également que les flux migratoires ont été plus élevés ces dernières années. Si cela soutient temporairement les recettes à court terme, cet effet reste transitoire : les nouveaux actifs acquièrent eux aussi des droits à pension. À noter que certains ménages qui subissent une baisse de revenus à la retraite choisissent de se tourner vers un regroupement de crédits. Une opération qui permet d’adapter les mensualités et de retrouver un équilibre budgétaire, mais aussi d’allonger la durée de remboursement.
La suspension de la réforme de 2023 intégrée aux nouveaux scénarios
Autre élément à prendre en compte : la suspension de la réforme des retraites adoptée en 2023. Inscrite dans le dernier budget de la Sécurité sociale, cette décision représente un coût estimé à près de 2 milliards d’euros par an en régime stabilisé. Jusqu’à présent, le COR avait choisi de maintenir ses hypothèses, notamment en raison de l’incertitude entourant les données démographiques. Mais les écarts constatés entre projection et réalité rendent cette position difficilement tenable. Le Conseil attend désormais la publication des nouvelles projections démographiques de l’Insee, annoncée avant l’été, pour finaliser ses calculs.



