Encadrement des loyers : près d'une annonce sur deux dépasse les plafonds à Paris
En cette rentrée 2026, la Fondation pour le logement a publié la sixième édition de son baromètre de l'encadrement des loyers. L'étude met en évidence des disparités croissantes dans l'application de la réglementation, avec une situation particulièrement préoccupante à Paris et dans certaines communes de la petite couronne.
Paris à la traîne en matière d’encadrement de loyer
Selon l’étude, qui s'appuie sur l'analyse de 10 572 annonces, 37 % des loyers dépassent les plafonds, un chiffre en hausse de cinq points par rapport à 2025, et de neuf points par rapport à 2024.
La dégradation la plus marquée est observée à Paris. Entre août 2025 et août 2026, 46 % des logements proposés à la location dépassent les plafonds, une hausse de 15 points de pourcentage par rapport à l'année dernière.
Pour la Fondation pour le logement, cette situation s'explique notamment par la contraction du marché locatif de longue durée, dans un contexte marqué par la remontée des taux des crédits immobiliers. Cette tension sur l'offre contribuerait à la hausse des loyers.
L'organisation avance également que la fin annoncée de l'encadrement des loyers en novembre 2026 a pu encourager certains bailleurs à moins respecter les plafonds en vigueur.
Une situation contrastée selon les territoires
En banlieue parisienne, la situation se dégrade encore. Dans l'agglomération Plaine-Commune, 61 % des annonces dépassent les plafonds. C'est le seul territoire où plus d'un logement sur deux dépasse les plafonds légaux. Dans l’Est-Ensemble, ce taux atteint les 36 %.
À l'inverse, plusieurs métropoles régionales enregistrent des résultats plus favorables. Montpellier demeure la meilleure élève avec 12 % d'annonces non conformes, devant Bordeaux (17 %), Lille (25 %) et Lyon-Villeurbanne (26 %).
Parmi les territoires ayant adopté plus récemment l'encadrement des loyers, le Pays basque voit son taux de non-conformité reculer à 30 %, tandis que Grenoble se maintient à 43 %.
Si les infractions aux plafonds sont plus fréquentes, leur montant moyen tend à diminuer. En un an, le dépassement moyen est passé de 192 € à 159 €.
Un dispositif en sursis ?
L'expérimentation de l'encadrement des loyers doit prendre fin en novembre 2026. Son éventuelle prolongation sera examinée par le Sénat à partir d’octobre.
« Nos chiffres montrent qu’au-delà de l’enjeu essentiel de la pérennisation du dispositif, il est impératif de faire respecter son application, sujet pourtant totalement négligé par le gouvernement. Il est primordial de faire en sorte que tous les bailleurs privés et les professionnels de l’immobilier respectent enfin la loi et protègent les locataires face au logement trop cher », déclare Christophe Robert, délégué général de la Fondation.
De son côté, la Fnaim, premier syndicat des professionnels de l'immobilier, réagit à la publication du baromètre dans un communiqué. Son président, Loïc Cantin, rappelle que le respect de la loi ne se discute pas. Il estime toutefois que ces manquements ne doivent pas servir d'argument en faveur d'une prolongation de l'encadrement des loyers. Selon lui, cette mesure ne répond pas, à elle seule, au manque de logements en France.





