Immobilier : un marché grippé qui peine à retrouver son élan
Malgré les belles promesses entrevues fin 2025, le marché immobilier peine à confirmer sa nouvelle dynamique. Entre hausse des taux, tensions géopolitiques et contexte inflationniste, il présente même de premiers signes de fragilité.
Un marché stoppé net dans son élan
Le marché immobilier français a connu beaucoup de hauts et de bas ces dernières années. D’abord porté par les taux historiquement bas liés au contexte exceptionnel de la crise du Covid, il a par la suite traversé une crise profonde entre 2022 et 2024. Si le second semestre 2025 laissait entrevoir aux professionnels l’espoir d’une reprise, force est de constater que le premier semestre 2026 a rapidement tempéré cet enthousiasme. Et le moins que l’on puisse dire est que le second semestre amorcé début juillet ne s’annonce pas des plus réjouissants.
C’est en tout cas ce que l’on peut lire dans un article des Échos consacré au sujet en partenariat avec SeLoger - MeilleursAgents. Alexandra Verlhiac, économiste pour la plateforme immobilière dresse un constat limpide : « C'est le calme plat. On aurait pu s'attendre à ce que 2026 s'inscrive dans la continuité de la reprise de 2025. Mais l'élan du printemps n'a pas eu lieu ».
Un contexte économique peu favorable aux acheteurs
Pour expliquer la frilosité des porteurs de projet, plusieurs raisons peuvent être évoquées. Sans surprise, la remontée progressive des taux immobiliers depuis plusieurs mois fait figure de frein principal, comme le souligne Alexandra Verlhiac : « En moyenne, les taux à 20 ans sont passés de 3,36 % en mars à 3,60 % en juillet. Cela peut affecter le projet d'achat d'un ménage qui était déjà à son maximum de capacité d'emprunt ».
En parallèle, des chiffres partagés par SeLoger - MeilleursAgents pour les Échos souligne une récente hausse des prix sur l’ensemble du territoire depuis le début le début d’année (+ 0,4 %), particulièrement marquée dans les zones rurales (+ 3,9 %), de plus en plus ciblées par les acquéreurs.
Un marché immobilier qui tient le cap grâce aux primo-accédants
La période « dorée » du Covid a encore des conséquences directes sur l’évolution du marché immobilier actuel. Il apparaît en effet peu intéressant pour un propriétaire qui a fait l’acquisition d’un bien au début des années 2020 d’accepter de le revendre dans les conditions actuelles. D’un côté, le prix au mètre carré a globalement chuté après l’envolée des prix de la période Covid. De l’autre, les taux ont fortement remonté en l’espace de quelques années. Alexandre Verlhiac résume : « Il y a une double barrière : on perd de l'argent en revendant, et le crédit coûte plus cher ».
À l’arrivée, ce sont donc les primo-accédants qui maintiennent le marché immobilier à l’équilibre, comme l’avait déjà souligné une récente étude partagée par le groupe Century 21. Dans celle-ci, on apprend qu’entre mars 2025 et 2026, 44,6 % des transactions étaient le fait de primo-accédants, contre 38,7 % pour des secundo-accédants. Des chiffres très différents par rapport aux mesures réalisées en 2020, ou les secundo-accédants représentaient environ 53 % des acquéreurs, contre seulement 26 % pour les primo-accédants.





