Immobilier : avec les canicules, les critères des acheteurs changent
Avec la répétition des vagues de chaleur, le confort climatique prend une nouvelle place dans les recherches immobilières. Exposition, volets, climatisation ou possibilité d’aérer : les acheteurs regardent désormais au-delà du traditionnel DPE.
La fraîcheur du logement devient un véritable critère
L’exposition plein sud a-t-elle toujours autant la cote ? Pas forcément. Les fortes chaleurs conduisent certains acquéreurs à regarder autrement des caractéristiques autrefois considérées comme des atouts. Selon une enquête menée auprès de 1 750 utilisateurs de Leboncoin en juin :
- 8 personnes sur 10 déclarent avoir déjà ressenti un inconfort lié aux fortes chaleurs dans leur logement ;
- un tiers des répondants n’exclut même pas de déménager si les épisodes de canicule deviennent plus fréquents.
Une évolution également constatée par les professionnels de l’immobilier interrogés par l’AFP. Présence de volets ou d’une climatisation, logement traversant, étage, terrasse ombragée ou encore arbres à proximité font désormais partie des éléments scrutés au moment des visites.
Un logement sur deux serait une « bouilloire thermique »
Le phénomène pourrait concerner une part importante du parc immobilier. Selon une étude de Pouget Consultants et Ignes, un logement sur deux en France serait susceptible d’être une « bouilloire thermique ». Cette nouvelle préoccupation commence déjà à peser sur l’attractivité de certains biens. Les professionnels interrogés par l’AFP constatent notamment davantage de réserves pour les appartements sous les toits, non traversants ou dotés de grandes surfaces vitrées. De leur côté, les vendeurs commencent à mettre davantage en avant dans leurs annonces :
- la présence de volets ;
- d’une climatisation ;
- ou d’autres équipements améliorant le confort en été.
Pour les futurs acquéreurs, cette question compte d’autant plus qu’un achat immobilier engage sur plusieurs années. Avant de souscrire un prêt immobilier, la capacité du logement à rester confortable lors des fortes chaleurs peut donc rejoindre les critères à examiner au même titre que son prix, son emplacement ou ses performances énergétiques.
En PACA, 18 % des habitants envisagent sérieusement de partir
La chaleur pourrait même commencer à peser sur le choix du lieu de résidence. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, 18 % des personnes interrogées par Leboncoin envisagent sérieusement de partir, contre seulement 1,3 % en Bretagne.
S’il est encore trop tôt pour parler d’un déplacement massif de la population, le confort climatique semble progressivement entrer dans les choix résidentiels. Une évolution qui ne concerne d’ailleurs pas seulement les canicules : feux de forêt ou retrait-gonflement des sols argileux peuvent également compliquer la projection à long terme lors d’un achat immobilier.





