Épargne des Français : un manque à gagner de 394 milliards d’euros en six ans
Depuis 2020, les ménages français ont laissé dormir 475 milliards d’euros sur des comptes et livrets d’épargne peu rémunérateurs. Un manque à gagner de 394 milliards d’euros par rapport à un placement en actions, mais ce constat doit être relativisé pour les ménages endettés.
475 milliards d’euros épargnés sur des supports peu rémunérateurs
L’étude Opinium pour la société de gestion d’actifs J.P. Morgan AM indique que 35 % des Français placent la majeure partie de leur épargne, hors enveloppe de précaution, sur des comptes ou des livrets, contre seulement 15 % en actions. Depuis le début de l’année 2020, les ménages français ont ainsi épargné 475 milliards d’euros sur ces supports peu rémunérateurs. Le calcul est sans appel : si cette somme avait été investie sur le marché boursier mondial, elle vaudrait aujourd’hui 921 milliards d’euros, contre seulement 527 milliards d’euros placés sur un Livret A. Le manque à gagner se chiffre donc à 394 milliards d’euros sur six ans.
L’étude pointe un phénomène « d’illusion monétaire » : le taux du Livret A s’établit à 1,70 % au 1er août 2026 alors que l’inflation est de 2,1 %, ce qui signifie que l’épargne y perd en réalité du pouvoir d’achat, malgré un taux nominal positif. Un dépôt de 100 € sur un Livret A début 2020 vaut aujourd’hui 111 € en euros courants, mais seulement 96 € une fois l’inflation prise en compte.
Un raisonnement qui repose sur une capacité d’épargne disponible
Ce constat, aussi frappant soit-il, part d’un postulat implicite : celui d’un ménage disposant déjà d’une épargne mobilisable et cherchant à l’optimiser. Il ne s’applique pas de la même façon aux foyers qui peinent à dégager une capacité d’épargne, notamment ceux dont le budget est absorbé par plusieurs mensualités de crédit. Pour ces ménages, la priorité n’est pas de choisir entre un Livret A et un placement en actions, mais de retrouver une marge de manœuvre budgétaire suffisante pour épargner ne serait-ce qu’un montant symbolique chaque mois.
L’étude souligne elle-même un manque généralisé de planification : seuls 22 % des Français disposent d’un plan d’épargne précis pour leur retraite et 24 % des personnes âgées de 46 à 61 ans n’ont pas commencé à y réfléchir, un chiffre plus marqué en France que dans le reste de l’Europe.
Réduire ses charges de crédit avant d’optimiser son épargne
Lorsqu’un ménage qui cumule plusieurs crédits à la consommation ou supporte des mensualités de prêt immobilier trop lourdes rapportées à ses revenus, l’arbitrage le plus rentable n’est pas de rechercher un meilleur rendement d’épargne. Il faut d’abord réduire le coût de la dette, car les taux d’intérêt appliqués aux crédits à la consommation dépassent structurellement les rendements du Livret A ou même des marchés actions sur le court terme. Un rachat de crédits peut alors être une solution envisageable. Cette solution consiste à regrouper tout ou partie des prêts en cours en un seul, caractérisé par une mensualité plus faible. En contrepartie, il faut s’acquitter d’un coût total plus élevé, dû à l’allongement de la durée du crédit.





