Projet relance logement : ce que le projet de loi du 24 juin va changer pour les propriétaires et les locataires
Face à une crise du logement devenue "une véritable bombe sociale", le gouvernement a fait le choix d'agir vite et fort. Depuis le début de l'année 2026, une série de mesures ont été déployées pour tenter de redresser un marché sous tension, et un projet de loi majeur est attendu le 24 juin en Conseil des ministres.
Un arsenal déjà mis en place depuis janvier
Le gouvernement n'a pas attendu ce texte pour agir. Dès le 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l'électricité dans le calcul du DPE est passé de 2,3 à 1,9, faisant sortir 850 000 logements du statut de passoire thermique. Un signal fort pour des milliers de propriétaires bailleurs pénalisés par un calcul jugé injuste.
Sur le front de la rénovation, le guichet MaPrimeRénov' a rouvert dès le 23 février 2026 après une suspension de deux mois liée au calendrier budgétaire. Le PTZ, lui, a été confirmé jusqu'au 31 décembre 2027, offrant une visibilité bienvenue aux primo-accédants.
Pour relancer l'investissement locatif après la fin du Pinel en 2025, le dispositif "Relance logement", dit Jeanbrun, a été instauré en loi de finances 2026. Il repose sur un mécanisme d'amortissement fiscal calculé sur le prix d'acquisition hors valeur du foncier (estimée forfaitairement à 20 %), applicable partout en France sans zonage contraignant, pour les logements neufs ainsi que pour l'ancien rénové. Son objectif : produire 50 000 logements locatifs supplémentaires dès 2026, pour atteindre 2 millions de logements construits d'ici 2030.
Le 24 juin : un texte ambitieux, mais un calendrier contraint
Présenté comme une "boîte à outils complète", le projet de loi s'articule autour de cinq axes : renouvellement urbain, remise sur le marché des passoires thermiques, élargissement du dispositif Jeanbrun, simplification des procédures de construction et décentralisation au profit des maires.
La mesure la plus attendue concerne les passoires thermiques classées F ou G. Les propriétaires pourraient continuer à les louer à condition de s'engager à réaliser des travaux dans un délai défini : trois ans pour une maison individuelle, cinq ans pour un appartement en copropriété. Le gouvernement vise à remettre entre 650 000 et 700 000 logements sur le marché locatif d'ici 2028.
Le texte prévoit également d'assouplir le dispositif Jeanbrun, avec un seuil de travaux réduit à 20 % du montant de l'acquisition et une extension aux maisons individuelles dans l'ancien, et de simplifier les procédures d'urbanisme en redonnant davantage de pouvoir aux maires.
Reste un bémol de taille : malgré la volonté affichée d'agir vite, l'examen effectif par le Parlement ne devrait pas intervenir avant la rentrée de septembre. Les effets concrets de ce texte se feront donc attendre encore quelques mois.Les effets concrets de ce texte se feront donc attendre encore quelques mois. Dans l'intervalle, si vous envisagez un achat immobilier, c'est le bon moment pour estimer votre capacité d'emprunt et anticiper votre financement.





