Chèque énergie 2025 : pourquoi vous le recevrez plus tard et avec un montant réduit

Jules STALIN
Publié le | 4 minutes

Par Jules STALIN - Chef de projet éditorial

Assemblée nationale Assemblée nationale - Illustration : Partners Finances

Environ 5,5 millions de foyers modestes perçoivent chaque année un « chèque énergie », d'un montant compris entre 48 et 277 € (selon les revenus et la composition du foyer), pour les aider à payer leurs factures énergétiques. Ce dispositif, devenu incontournable pour de nombreux ménages français, représente un soutien financier précieux dans un contexte où les dépenses énergétiques pèsent lourdement sur les budgets les plus fragiles.

Mais la suppression de la taxe d'habitation et l'adoption tardive du budget ont compliqué les choses pour la campagne 2025. S'il sera bien versé automatiquement, la loi de finances a acté une baisse de l'enveloppe de 180 millions d'euros, faisant passer le budget global de 900 à 720 millions d'euros. Cette réduction représente une baisse d'environ 20% qui pourrait se traduire par une diminution des montants individuels de 10 à 55 € selon les cas.

Selon les dernières informations disponibles, les bénéficiaires devraient recevoir leur chèque au plus tôt en juillet 2025, voire en novembre pour certains. Ce retard considérable pourrait mettre en difficulté de nombreux foyers qui comptent sur cette aide pour équilibrer leur budget énergétique au printemps. => Ancre surendettement ou crédit conso

Le chèque énergie est attribué sous conditions de ressources aux ménages dont le revenu fiscal de référence (RFR) est inférieur à certains plafonds. Pour une personne seule, ce plafond est fixé à 11 000 € par an. Il s'élève à 16 500 € pour un couple sans enfant, à 19 800 € pour un couple avec un enfant ou une famille monoparentale avec un enfant, et continue d'augmenter selon la composition du foyer.

L’année dernière, c’est plus de 80 % des chèques énergies distribuées qui ont été utilisées. Une sollicitation qui témoigne de l’utilité du dispositif pour aider les ménages à régler leurs dépenses en électricité et en gaz. Mais le chèque énergie peut aussi aider à régler diverses autres factures. En 2023, le chèque énergie a été majoritairement utilisé pour le paiement des factures de gaz et d'électricité (94,4 %, soit 4,4 millions de chèques). Les autres domaines de dépenses sont le fioul domestique (2,43 %), du bois (1,45 %) ou du GPL domestique (0,47 %). Seul 0,31 % a été utilisé en Ehpad, ce qui est possible depuis quelques années et 0,02 % l'a été dans le cadre de travaux de rénovation énergétique.

Cette répartition témoigne de l'importance cruciale de cette aide pour le paiement des factures courantes d'énergie, plutôt que pour des investissements à plus long terme. D'ailleurs, à partir de 2025, le chèque énergie ne pourra plus être utilisé pour financer des travaux de rénovation énergétique, sa vocation étant recentrée sur l'aide directe au paiement des factures.

Il est également intéressant de noter que la préaffectation du chèque énergie, qui permet son application automatique sur les factures sans démarche supplémentaire, gagne en popularité. En 2024, 54% des bénéficiaires ont opté pour cette solution, contre 47,6% en 2023, signe d'une appropriation croissante du dispositif par les ménages concernés.