Budget : les Français épargnent moins que leurs voisins européens, malgré un patrimoine supérieur
Les Français détiennent une épargne cumulée supérieure à la moyenne européenne, mais peinent à dégager un effort mensuel comparable à celui de leurs voisins (465 €/mois en France contre 617 €/mois en Europe).
Un patrimoine élevé, mais un effort mensuel limité
Les Français détiennent une épargne cumulée moyenne de 99 171 €, soit 16,6 % de plus que la moyenne européenne (85 055 €) selon le Baromètre européen de l’épargne réalisé par Occurence-Ifop pour le Crédit Agricole. Ce patrimoine plus élevé contraste pourtant avec un effort d’épargne mensuel nettement plus faible : 465 € en moyenne par mois en France, contre 617 € au niveau européen.
L’étude introduit un indice de vitalité de l’épargne qui agrège la mobilité de celle-ci, la confiance dans les plateformes digitales et la confiance dans l’automatisation. Cet indice s’établit à 49/100 en France, le plus faible des quatre pays étudiés, contre 53/100 en moyenne européenne. À noter que cette vitalité progresse nettement avec le niveau de patrimoine : l’indice atteint 59/100 chez les épargnants français disposant de plus de 100 000 € d’actifs, contre 49/100 pour ceux en dessous de ce seuil.
Une prudence patrimoniale marquée par le contexte
Cette faible dynamique s’explique en partie par une préférence affirmée pour la sécurité : 45 % des Français épargnent avant tout dans une logique de précaution, leur première motivation d’épargne.
Les profils les plus prudents sont surreprésentés en France : les guided safety seekers, qui recherchent conseil et réassurance, représentent 24,6 % des épargnants français contre 19,3 % en Europe, toujours selon le baromètre Crédit Agricole. Les defensive preservers, profil le plus défensif, atteignent 13,9 %, près du double du niveau européen.
Cette prudence semble s'inscrire dans un climat d’incertitude : 69 % des épargnants français déclarent en effet que les tensions politiques et sociales pèsent sur leur capacité à se projeter sereinement. Sur le plan des produits détenus, les supports traditionnels dominent largement, avec 71 % des épargnants détenant des dépôts ou livrets et 52 % une assurance-vie.
Cette répartition confirme une allocation patrimoniale peu diversifiée. Elle est également peu mobile, seulement 41 % des épargnants français ayant pris une décision concernant leur épargne dans les douze derniers mois.
Quand la capacité d’épargne est déjà entamée par les charges de crédit
Cet effort d’épargne mensuel limité, inférieur de 152 € à la moyenne européenne, traduit une marge de manœuvre budgétaire resserrée pour de nombreux ménages français. Les charges de crédit en cours, qu’il s’agisse d’un prêt immobilier ou de plusieurs crédits à la consommation cumulés, réduisent directement cette capacité à mettre de l’argent de côté chaque mois.
À cet effet, le rachat de crédits peut être une solution envisageable pour rembourser une mensualité unique et allégée, en contrepartie d’un coût total plus important et d’un prolongement de la dette.





