Carburants : les ménages ruraux davantage exposés à la hausse des prix
La hausse des prix des carburants ne touche pas tous les ménages de la même manière. Selon une étude publiée par l’Insee en septembre 2026, 2,2 millions de ménages propriétaires d’une voiture, soit 10,6 % d’entre eux, consacraient en 2021 plus d’un mois de leurs revenus annuels à leurs dépenses de carburant. Une situation particulièrement marquée dans les territoires ruraux, où les déplacements sont généralement plus longs et les revenus plus modestes, parfois plus exposés au surendettement.
2,2 millions de ménages particulièrement exposés
En 2021, 21,2 millions de ménages en France hors Mayotte possédaient au moins une voiture. Parmi eux, les 2,2 millions considérés comme particulièrement exposés consacraient plus de 8,3 % de leurs revenus annuels aux dépenses de carburant. Leur budget médian dédié à ce poste atteignait 2 698 €, contre 1 377 € pour l’ensemble des ménages motorisés.
Cette exposition s’explique notamment par les distances parcourues. La moitié des ménages concernés roulait plus de 27 458 kilomètres par an, contre 14 506 kilomètres pour l’ensemble des ménages propriétaires d’une voiture. Ils présentaient également un niveau de vie médian inférieur, à 16 237 €, et un taux de pauvreté de 37,8 %, contre 10,1 % pour l’ensemble des ménages véhiculés.
Le rural davantage dépendant de la voiture
Les écarts sont particulièrement visibles entre les territoires urbains et ruraux. La part des ménages surexposés atteint 13,5 % dans les intercommunalités rurales, contre 9 % dans les intercommunalités urbaines. Dans les territoires ruraux éloignés des agglomérations, elle monte même à 16,7 %.
Cette situation est notamment liée à la place de la voiture dans les déplacements domicile-travail. Près de 90 % des actifs ruraux utilisent leur véhicule pour se rendre au travail, contre moins de 60 % dans les pôles urbains. Certaines intercommunalités cumulent ainsi longues distances parcourues et revenus plus faibles. Dans la communauté de communes des Ardennes Thiérache, par exemple, 20,9 % des ménages véhiculés sont particulièrement exposés.
Une flambée des prix qui aurait amplifié les écarts
L’Insee estime également l’impact qu’aurait eu, en 2021, un niveau de prix comparable à celui observé au printemps 2026. Avec un gazole à 2,20 € le litre et une essence à 2 €, contre respectivement 1,43 et 1,55 € en moyenne en 2021, 4,7 millions de ménages auraient consacré plus d’un mois de leurs revenus annuels au carburant, soit 22,4 % des ménages avec voiture.
Les territoires urbains denses auraient toutefois été moins affectés que les zones périurbaines et rurales, plus dépendantes de la voiture. L’Insee souligne aussi l’importance de l’accès aux services et aux transports collectifs : une hausse de 10 points de la population vivant à moins de dix minutes à pied d’une station de transport en commun est associée à une diminution d’environ 420 kilomètres parcourus en voiture par ménage chaque année.





