Prix du gaz : après une envolée de 30 % depuis janvier, un hiver sous tension pour les ménages
Le prix repère du gaz a progressé d’environ 30 % depuis le début de l’année 2026, selon les données de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Une facture annuelle qui pourrait grimper de 120 € par ménage si les prix se maintiennent jusqu’à la fin de l’année.
Une hausse continue depuis janvier et un nouveau record en octobre
Le prix repère de vente du gaz (PRVG), calculé mensuellement par la CRE, s’établira à 182,88 €/MWh TTC en octobre 2026, contre 172,05 € en septembre, soit une hausse de 6,3 % d’un mois sur l’autre, d’après une note du Service Public. Cette progression fait suite à celle de 5,6 % en septembre et s’inscrit dans une trajectoire haussière quasi continue depuis le début de l’année. Sur l’ensemble de la période, la hausse des cours de gros atteint environ 30 % depuis janvier 2026. Cette envolée résulte directement de la flambée des cours observée sur les marchés gaziers européens en août, elle-même liée aux tensions persistantes au Moyen-Orient.
Concrètement, la hausse d’octobre se traduit par une augmentation moyenne de 5,28 € TTC sur la facture mensuelle pour les six millions de ménages dont le contrat est indexé sur le prix repère, soit environ 60 % des 10,31 millions de foyers raccordés au réseau de gaz naturel au 31 mars 2026.
Jusqu’à 120 € de plus sur la facture annuelle en 2026
Si les prix se maintiennent à leur niveau actuel jusqu’à la fin de l’année, la CRE estime que la facture annuelle moyenne de gaz d’un ménage pourrait être supérieure d’environ 120 € en 2026 par rapport à 2025. Sur le plan de l’approvisionnement, le constat est mitigé. Franceinfo avance que l’Europe « aborde l’hiver avec des réserves remplies à 67% de leurs capacités en moyenne » alors qu’elles « dépassaient 75% » en 2025 à la même époque.
Le risque immédiat de rupture d’approvisionnement demeure limité, même si le niveau des prix demeure, lui, durablement plus élevé qu’en 2025. Les ménages ayant opté pour une offre à prix fixe, qui représentaient environ 40 % du marché résidentiel fin 2025, échappent temporairement à ces hausses mensuelles, mais restent exposés à une révision de leur contrat à son échéance dans un contexte de prix de marché structurellement plus élevés.
Un budget chauffage qui s’ajoute à des charges déjà tendues
Cette hausse du gaz intervient alors que le pouvoir d’achat des ménages français est déjà mis sous pression par la flambée des prix du carburant depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Les foyers qui chauffent leur logement au gaz et qui remboursent plusieurs crédits voient ainsi leur budget se resserrer simultanément sur deux fronts : énergie et mobilité, sans marge de manœuvre mobilisable pour absorber ces coûts supplémentaires.
Un rachat de crédits permet de regrouper les mensualités en cours en une seule, plus faible, afin de redonner une certaine capacité d’absorption face à une facture énergétique appelée à rester plus élevée qu’en 2025. En contrepartie, cette opération s’accompagne d’un allongement de la durée de remboursement ainsi qu’à une hausse de son coût total.
