Surmonter les fins de mois difficiles : nos conseils pratiques
En bref
Certains ménages français sont de plus en plus confrontés à des fins de mois difficiles. En plus du poids psychologique qu’elle peut représenter, cette situation budgétaire inconfortable peut également avoir des conséquences financières importantes (incidents bancaires, spirale du surendettement). Heureusement, le malendettement n’est pas une fatalité et il est possible de réorganiser ses finances avec quelques démarches simples et efficaces :
- en premier lieu, parez au plus urgent en demandant des reports d’échéance, en prévenant vos différents créanciers ;
- auditez ensuite vos comptes pour faire la chasse aux dépenses fantômes (abonnements etc.) qui, mises bout à bout, plombent votre budget chaque mois ;
- renégociez vos différents contrats en cours pour obtenir de meilleures conditions tarifaires ;
- pendant une certaine période, n’effectuez aucune dépense non-essentielle puis, lorsque la situation s’est améliorée, tenez-vous-en par la suite à une stricte répartition entre les dépenses fixes, variables et de loisirs ;
- essayez également de générer des revenus complémentaires en vendant des objets ou des services sur les plateformes collaboratives (jardinage, bricolage, cours particuliers, etc.) ;
- planifiez un prélèvement automatique en début de mois pour vous reconstituer une épargne afin de faire face à d’éventuels imprévus futurs.
Comment faire face à une urgence de trésorerie ?
Les fins de mois difficiles touchent une partie importante de la population française. Il n’est pas rare pour certains de se retrouver dans le rouge dès le 15 du mois voire même avant. Une précarité budgétaire qui a des conséquences potentiellement importantes tant sur le plan psychologique que matériel et financier (recours au découvert bancaire, rejets de prélèvements, commission d’intervention, etc.).
Lorsque ces difficultés financières atteignent un niveau critique très tôt dans le mois, l’urgence est alors de stopper l’hémorragie pour éviter que la situation n’empire et ne devienne inextricable. Une trésorerie dans le rouge peut en effet conduire à une accumulation de frais enclenchant une spirale du surendettement aux conséquences désastreuses (fichage bancaire notamment).
Pour éviter que la situation ne s’aggrave, plusieurs leviers doivent être très rapidement activés :
- gelez immédiatement toutes les dépenses non-essentielles de manière drastique : toutes les dépenses de loisirs, d’habillement ou autres abonnements de divertissement doivent être proscrits au moins jusqu’au salaire suivant et même tant que la situation ne s’est pas stabilisée. Pour l’alimentation, videz vos placards et votre congélateur avant d’envisager de refaire des courses ;
- anticipez tous les prélèvements à venir : consultez vos comptes et votre historique bancaire récurrent pour prévoir tous les mouvements futurs susceptibles de faire passer votre compte dans le rouge. Le cas échéant, n’hésitez pas à demander un report de paiement à vos créanciers. La plupart du temps, ceux-ci accepteront un délai retardé (généralement de 2 à 4 semaines) plutôt que de faire face à un rejet de prélèvement potentiellement plus coûteux et fastidieux à gérer ;
- sollicitez des aides en urgence : si en analysant vos comptes, vous vous dites “je n’ai plus d’argent pour finir le mois”, vous devez alors impérativement faire rentrer des liquidités. Plusieurs solutions peuvent alors être envisagées :
- demandez une avance à votre employeur sur le prochain salaire à venir : il s’agit d’une obligation légale pour l’employeur qui doit alors verser un acompte correspondant à la moitié du salaire net si le salarié en fait la demande (article L3242-1 du Code du travail) ;
- sollicitez les aides du Centre communal d’action social (CCAS) de votre municipalité : le CCAS peut débloquer des aides d’urgence exceptionnelles pour les personnes en situation de précarité. Elles peuvent notamment prendre la forme d’aides alimentaires ou de bons d’achat ;
- obtenez des aides pour payer votre logement : si vous êtes en difficulté financière, le Fonds de solidarité logement (FSL) peut vous permettre d’obtenir un prêt ou une subvention pour payer certains frais liés au logement (dettes de loyer, facture d’énergie ou d’eau, etc.) ;
- revendez certains biens que vous n’utilisez plus : vêtements, mobilier, appareils électroménagers inutilisés… vos placards regorgent probablement d’objets de seconde main que vous n’utilisez plus. En mettant bout à bout plusieurs petites transactions, vous pouvez peut-être combler l’écart de trésorerie manquant jusqu’à votre prochain salaire.
L’audit des comptes : une étape indispensable pour faire la chasse aux dépenses
Une fois l’urgence de trésorerie gérée, il vous faudra analyser plus en détail vos dépenses pour tenter d’améliorer progressivement et vous éviter de revivre cette situation stressante. De nombreux foyers sous-estiment en effet bien souvent leurs dépenses récurrentes et la marge de manœuvre financière pouvant être dégagée mensuellement avec une gestion rigoureuse. Pour ce faire, vous pouvez notamment :
- classer vos dépenses en trois catégories à savoir :
- les dépenses fixes incompressibles (loyers, remboursement de crédits, pensions à verser, impôts) : elles sont récurrentes, prévisibles et ne peuvent faire l’objet d’un ajustement ;
- les dépenses indispensables de la vie courante (alimentation, transport, habillement, énergie, frais de santé, téléphonie, etc.) : ces charges restent incontournables mais peuvent être optimisées. Il est par exemple possible de réaliser du covoiturage pour aller au travail, de renégocier ses abonnements ou encore de changer de fournisseur d’électricité, de gaz ou d’Internet ;
- les dépenses de loisirs (sorties, cinéma, restaurant, shopping, achats compulsifs, etc.) : il s’agit des dépenses prioritaires à couper, au moins temporairement, dans une situation de malendettement.
Dans l’idéal, vous devez théoriquement respecter une répartition à respectivement 50 / 30 / 20 entre ces trois types de dépenses. Lorsque les fins de mois sont difficiles cependant, la dernière catégorie doit être réduite au strict minimum le temps que la situation se stabilise ;
- repérer toutes les petites dépenses invisibles (“dépenses fantômes”) qui, mises bout à bout, peuvent peser lourd. Il peut s’agir d’abonnements à une plateforme de streaming ou une plateforme musicale, d’un abonnement inutilisé dans une salle de sport ou encore des cafés pris chaque jour à l’extérieur.
Quelles solutions financières existent pour améliorer sa trésorerie ?
Une fois vos comptes minutieusement épluchés, vous pouvez mettre en place une stratégie d’optimisation de votre trésorerie sur la base du constat réalisé. Voici une liste des actions à entreprendre :
- Du côté des dépenses :
- renégociez tous vos contrats d’assurance : assurance auto, assurance habitation, mutuelle, assurance emprunteur, assurance animaux… ces dépenses récurrentes représentent un poids très important pour le budget des ménages. La libéralisation du marché de l’assurance et les dernières évolutions législatives (loi Lemoine notamment) ont considérablement rééquilibré le rapport de force entre les assureurs et les consommateurs. Il est désormais beaucoup plus simple de faire jouer la concurrence et d’obtenir des tarifs plus attractifs ;
- changez de fournisseur pour vos contrats d’énergie (gaz, électricité), de téléphonie ou d’Internet : là encore, les offres sont désormais nombreuses et parfois très compétitives (moins de 10 € par mois pour un forfait de téléphonie mobile dans certains cas) ;
- essayez de concocter vos propres plats et de préparer vos repas à l’avance (batch cooking) plutôt que d’acheter des produits tout faits généralement plus coûteux ;
- pensez au covoiturage pour vos déplacements : vous pouvez mutualiser vos trajets professionnels avec vos collègues mais également proposer de transporter des particuliers lors de vos longs trajets personnels ;
- envisagez le regroupement de crédits : si l’accumulation de prêts pèse trop sur votre budget quotidien, vous pouvez examiner la possibilité de faire racheter l’ensemble de vos crédits par un nouveau créancier unique. Cela peut alors vous permettre de bénéficier de mensualités réduites. Attention toutefois, l’écrasement des mensualités est rendu possible par l’allongement de la durée de remboursement, ce qui implique une augmentation du coût global du prêt du fait d’intérêts à verser plus longtemps.
- Du côté des recettes :
- diversifiez vos sources de revenus : vous pouvez générer des revenus supplémentaires en lançant une activité complémentaire à votre activité principale. Le plus souvent, il s’agit d’une activité sur laquelle vous avez un certain savoir-faire (bricolage, jardinage, aménagement paysager, cours particuliers, etc.) mais vous pouvez également effectuer des livraisons, distribuer des prospectus ou encore garder des animaux. L’économie collaborative offre aujourd’hui de nombreuses possibilités pour vendre des services facilement ;
- revendez des objets que vous n’utilisez plus en seconde main (vêtements, vêtements enfant, jouets, mobilier, etc.). Les quelques dizaines voire centaines d’euros collectés pourront vous soulager certains mois ;
- pensez à sous-louer des biens que vous possédez et qui ont une certaine valeur pour d’autres personnes (place de parking, cave, outils de bricolage et de jardinage, etc.). Vous pouvez également louer votre véhicule lorsque vous ne l’utilisez pas (principalement dans les grandes villes) ;
- vérifiez si vous êtes éligible à certaines prestations sociales qui pourraient sensiblement vous aider à passer ce cap difficile (allocations logement, aides alimentaires, chèque énergie, etc.).
Comment éviter que les fins de mois difficiles ne se reproduisent ? Nos 10 conseils pratiques pour mieux gérer son budget
Voici 10 conseils pratiques faciles à mettre en application pour mettre un terme aux fins de mois difficiles et retrouver une certaine sérénité financière :
- Utilisez la méthode des enveloppes pour vos dépenses variables (alimentation, essence, loisirs). En attribuant un montant en espèces à ne pas dépasser chaque mois dans une enveloppe destinée à chacun de ces postes de charges, vous visualisez mieux la valeur des dépenses et vous tenez plus facilement à votre budget ;
- Prévoyez une épargne automatique dès que vous percevez vos revenus : un virement automatique en début de mois fonctionnera toujours mieux que de compter sur le montant restant dû en fin de mois. De cette façon, vous enclenchez une dynamique positive qui vous permettra de mieux parer aux imprévus ;
- Faites le tri dans vos abonnements ou assurances inutiles ou sous-optimisées en épluchant vos relevés de compte : mises bout à bout, toutes ces dépenses récurrentes pèsent en effet sur votre budget sans que vous ne vous en rendiez forcément compte ;
- Évitez de recourir aux crédits renouvelables qui constituent une tentation permanente et présentent des taux d’intérêt élevés (jusqu’à 21 %) et révisables. Si vous en avez déjà souscrit, vous pouvez les intégrer à un regroupement de crédits ;
- Utilisez des applications de gestion budgétaire pour catégoriser vos dépenses, recevoir des alertes sur les prélèvements à venir ou encore automatiser votre épargne (avec le système de l’arrondi sur les dépenses notamment) ;
- Optimisez vos courses en vous en tenant à votre liste de départ et en vous y rendant le ventre plein pour éviter les tentations. Privilégiez les marques de distributeurs (MDD) ainsi que le vrac pour préparer des plats à l’avance ;
- Consultez vos comptes très régulièrement pour éviter les rejets de prélèvement et les commissions d’intervention qui vont avec ;
- Travaillez sur les achats impulsifs (vêtements, high tech, etc.) en vous forçant à les reporter. La plupart du temps, l’envie du moment sera passée et vous aurez évité une dépense non-essentielle ;
- Évitez le paiement en plusieurs fois qui peuvent désorganiser votre structure de dépenses mensuelles habituelles ;
- Envisagez le rachat de crédits. L’opération permet, en contrepartie d’un coût total plus élevé, de réorganiser les charges mensuelles liées à ses prêts en cours.