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Des centaines de milliers de foyers éligibles au RSA n’y ont pas eu recours

Jules STALIN
Publié le | 4 minutes

Écrit par Jules STALIN - Chef de projet éditorial

non recours au RSA non recours au RSA - Illustration : Partners Finances

Selon une récente étude partagée par la Drees (la direction de la recherche, des études de l’évaluation et des statistiques), on apprend qu’environ un tiers des foyers qui y sont pourtant éligibles n’ont pas sollicité le recours au RSA.

Ce sont des chiffres qui peuvent surprendre. D’autant plus à une période marquée par l’inflation et des difficultés croissantes pour les ménages les plus précaires. En effet, selon une récente étude partagée par la Drees, basée sur les chiffres du quatrième trimestre 2021, on apprend que 560 000 foyers sociaux éligibles au RSA (soit environ 1 million de personnes) ne perçoivent pas cette prestation qui leur revient pourtant de droit. Dans le détail : 

  • cela représente entre 32 et 37 % des foyers éligibles au RSA ;
  • 42 % de ces foyers auraient pu percevoir un revenu mensuel par unité de consommation de 200 € ou moins ;
  • 41 % de ces foyers auraient pu percevoir 400 € ou plus. 

 

Si certains ménages éligibles au RSA et qui n’en font pas la demande parviennent à vivre décemment et ne rencontrent pas de difficultés particulières à joindre les deux bouts en fin de mois, ce n’est pas le cas pour tous les foyers. Selon l’étude la Drees, on apprend que « 345 000 ménages pauvres (...) verraient leur niveau de vie augmenter, en moyenne de 280 euros par mois » et que parmi eux « 58 000 ménages (...) sortiraient de la pauvreté monétaire, dont plus de la moitié de familles monoparentales ».

Se pose donc la question de savoir pourquoi ces foyers éligibles au RSA et qui flirtent parfois avec le surendettement n’y ont pas recours.

Dans son étude, la Drees établit un portrait-robot du non-recourant au RSA. En comparaison avec un recourant au RSA, celui-ci est : 

  • davantage susceptible d’être propriétaire (26 % contre 9 %) ;
  • plus souvent diplômé du supérieur (30 % contre 19 %) ;
  • généralement actif en tant qu’employé ou indépendant (53 % contre 22 %) ;
  • financièrement un peu plus à l’aise (71 % font partie des ménages les plus modestes de France, contre 91 %).

Pour aller plus loin, l’étude de la Drees parvient à cibler deux profils sensiblement différents, selon le montant mensuel éligible : 

  • 200 € et moins : couples avec enfant(s) (28 %) et femmes seules ou avec enfant(s) (21 %)
  • 400 € et plus : célibataires sans enfant (76 %), âgés de 25 à 29 ans (22 %) et le plus souvent hébergés à titre gratuit.
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