Les épargnants cherchent des alternatives au Livret A qui connaît son pire mois de mars depuis 2009
La décollecte du Livret A s’accélère : après un premier trimestre historiquement mauvais, les épargnants français continuent de retirer leur argent pour le placer sur des produits plus rémunérateurs.
Un premier trimestre historiquement mauvais
Selon les données publiées le 22 avril 2026 par la Caisse des dépôts et relayées par Le Parisien, les épargnants ont retiré 490 millions d’euros de plus qu’ils n’en ont déposés sur leur Livret A en mars 2026. Il s’agit du pire mois de mars et du pire premier trimestre enregistrés depuis le début de la collecte de ces statistiques en 2009. Sur l’ensemble du premier trimestre, le stock déposé sur le Livret A a diminué de 3,1 milliards d’euros pour s’établir à 446,5 milliards d’euros répartis sur 58 millions de livrets.
Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), dont le taux est identique, fait quant à lui du sur-place avec une collecte marginale de 80 millions d’euros en mars pour un total de 165,3 milliards d’euros. Le Livret d’épargne populaire (LEP), accessible sous conditions de ressources et rémunéré à 2,5 %, n’a pas non plus séduit. Les épargnants ont retiré 120 millions d’euros de plus qu’ils n’en ont déposés.
Un taux divisé par deux en un an
La cause principale de cette désaffection réside dans la baisse du taux du Livret A, tombée de 3 % à 1,5 % en l’espace d’un an, avec une dernière baisse appliquée au 1er février 2026. Ce recul profite directement à l’assurance-vie, dont les fonds euros affichent un taux de rendement moyen de 2,65 % selon une estimation publiée fin mars par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Un avantage à nuancer toutefois : ce taux est brut de fiscalité, contrairement au Livret A dont le rendement est net d’impôt.
La situation pourrait cependant évoluer d’ici l’été. L’inflation, portée par la hausse des prix de l’énergie liée au conflit au Moyen-Orient, a atteint 1,7 % sur un an en mars 2026 selon l’Insee. Le taux du Livret A, révisé chaque année en juillet et partiellement indexé sur l’inflation, pourrait donc remonter à cette occasion, aux alentours de 1,8 % selon les observateurs de marché.
Des arbitrages budgétaires qui interrogent sur la gestion des dettes
La baisse du rendement des livrets réglementés conduit de nombreux ménages à revoir la répartition de leur épargne. Pour ceux qui font face à plusieurs mensualités de crédit (prêt personnel, crédit auto, crédit renouvelable…), la question de l’optimisation du budget se pose différemment. Plutôt que de chercher un meilleur placement, l’effort peut d’abord porter sur la réduction des charges fixes. Pour cela, un regroupement de crédits constitue une piste pour fusionner plusieurs dettes en une seule mensualité allégée. À la clé, une meilleure marge de manœuvre budgétaire, quelle que soit l’orientation des taux d’épargne.





