Surendettement : les dépôts de dossiers en hausse de 10,7 % sur le début 2026
Le baromètre de l’inclusion financière de la Banque de France confirme une tendance inquiétante. Les ménages en difficultés financières sont de plus en plus nombreux à solliciter une procédure de surendettement depuis le début de l’année.
Une tendance à la hausse qui s’accélère depuis 2023
En mai 2026, le nombre de dossiers de surendettement déposés auprès des commissions départementales recule de 0,7 % par rapport à mai 2025, mais ce recul s’explique principalement par un mois de mai 2026 comptant deux jours ouvrés de moins qu’en 2025. Sur la période janvier à mai 2026, la tendance de fond est en revanche sans ambiguïté : le nombre de dossiers de surendettement déposés est en hausse de +10,7 % par rapport aux cinq premiers mois de 2025.
Ce chiffre prolonge une dynamique engagée depuis l’été 2023. En 2025, plus de 148 000 dossiers ont été déposés (+9,8 % par rapport à 2024). La Banque de France rappelle toutefois que ce niveau demeure inférieur de 32 % à celui de 2015, ce qui confirme une baisse structurelle sur la dernière décennie, même si la reprise observée depuis 2023 est significative.
Un phénomène qui touche en priorité les ménages les plus fragiles
Les situations de surendettement concernent majoritairement (et sans grande surprise) les ménages en grande difficulté sociale : 62 % vivent sous le seuil de pauvreté, contre 15 % dans l’ensemble de la population, selon l’enquête typologique annuelle de la Banque de France. Les causes du surendettement sont majoritairement structurelles plutôt que comportementales :
- chômage ;
- séparation ;
- maladie ou décès d’un proche précèdant dans la majorité des cas l’impossibilité de faire face aux dettes.
Sur les cinq premiers mois de 2026, les demandes d’accompagnement budgétaire auprès de la Banque de France progressent également de façon sensible, signe que des ménages cherchent à anticiper les difficultés avant d’atteindre le stade du surendettement. Dans ce contexte, le choc inflationniste lié à la hausse des prix de l’énergie depuis le début du conflit au Moyen-Orient fin février 2026 exerce une pression supplémentaire sur des budgets déjà fragilisés.
Entre surendettement et prévention, le rachat de crédits comme levier d’anticipation
La procédure de surendettement est une réponse de dernier recours, encadrée par la Banque de France. Elle intervient lorsque le ménage se trouve dans l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble de ses dettes. En amont de cette situation, un rachat de crédits peut constituer un levier de prévention. Attention : un regroupement de crédits peut allonger la durée de remboursement et augmenter le coût total du crédit En regroupant plusieurs mensualités en une seule, allégée et adaptée aux revenus réels, il peut éviter à un ménage fragile de basculer dans une spirale de découverts et d’incidents de paiement. Les foyers qui cumulent crédits à la consommation, crédit auto et prêt personnel ont tout intérêt à étudier cette option avant que la situation ne se dégrade.





