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Quelles charges sont déductibles de vos revenus fonciers??

Publié le | 13 minutes

En bref

Lorsque vous réalisez un investissement immobilier locatif, vous pouvez déduire un certain nombre de charges de vos revenus fonciers. En d’autres termes, cela permet de réduire votre base imposable et donc le montant de votre impôt. Mais encore faut-il savoir quelles dépenses sont concernées et dans quelles conditions. Si vous êtes propriétaire bailleur, voici les règles à connaître pour optimiser la rentabilité de votre investissement :

  • de nombreuses charges sont déductibles : intérêts d’emprunt, travaux, frais de gestion, prime d’assurance ou taxe foncière ;
  • ces dépenses doivent être directement liées à votre bien en location et justifiées ;
  • le choix du régime fiscal (micro-foncier ou réel) a un impact majeur sur votre imposition ;
  • en régime réel, vous pouvez déduire les charges réelles des revenus fonciers alors qu’en régime micro-foncier, un abattement de 30 % est appliqué (forfait) ;
  • une bonne stratégie fiscale peut réduire significativement vos impôts, surtout les premières années.
Homme en train de gérer sa fiscalité calculer ses différentes charges Homme en train de gérer sa fiscalité calculer ses différentes charges - Illustration : Partners Finances

Avant d’entrer dans le détail des charges, il est important de comprendre le principe de base. C’est lui qui détermine ce que vous allez réellement payer.

En immobilier locatif, l’impôt ne porte pas directement sur les loyers perçus, mais sur le revenu foncier net (article 28, Code général des impôts). La formule est simple :

(revenus locatifs - charges déductibles) = revenu imposable

Cela signifie que plus vos charges sont élevées, plus votre impôt diminue. Par exemple, si vous percevez 10 000 € de loyers et que vous avez 3 000 € de dépenses, vous ne serez imposé que sur 7 000 €. 

Il existe différents types de régimes fiscaux.

  • Le micro-foncier : il s’applique automatiquement si vos revenus locatifs sont inférieurs à un certain seuil (actuellement 15 000 € par an selon l’administration fiscale). Il prévoit un abattement forfaitaire de 30 %, sans possibilité de déduire vos charges réelles.
  • Le régime réel : il permet de déduire précisément toutes les charges que vous supportez. Il demande un peu plus de rigueur dans la gestion, mais il devient rapidement plus intéressant dès lors que vos dépenses sont importantes.

Prenons un cas concret pour bien identifier les différences. En l’occurrence, imaginons des revenus locatifs annuels de 10 000 €. Le micro-foncier vous impose sur 7 000 € (30 % d’abattement). Mais si vous déclarez 4 000 € de charges, le régime réel vous permet de n’être imposé que sur 6 000 €. L’écart peut sembler faible, mais il se cumule sur plusieurs années.

Quel régime choisir pour payer moins d’impôts ?
Dans la pratique, le régime réel est souvent plus avantageux dès que vous avez un crédit en cours ou des travaux à financer.

Toutes les dépenses liées à votre bien ne sont pas déductibles. L’administration fiscale encadre précisément les catégories de charges que vous pouvez prendre en compte.

Vous pouvez déduire les frais engagés pour gérer votre bien. Cela inclut notamment :

  • les honoraires de gestion locative si vous passez par une agence ;
  • les frais de syndic de copropriété ;
  • les primes d’assurance (assurance propriétaire non occupant, garantie loyers impayés, etc.).

Les travaux constituent souvent le principal levier d’optimisation fiscale. Sont déductibles :

  • les travaux d’entretien (remise en état, réparations courantes) ;
  • les travaux d’amélioration (modernisation du logement, remplacement d’équipements).

Par exemple, remplacer une chaudière, refaire une salle de bain ou améliorer l’isolation sont des dépenses généralement déductibles.

Bon à savoir

Attention, les travaux de construction, d’agrandissement ou de transformation lourde ne sont pas déductibles des revenus fonciers.

Si vous avez financé votre bien à crédit, les intérêts d’emprunt sont déductibles.

Cela inclut :

  • les intérêts du prêt immobilier ;
  • les frais de dossier ;
  • l’assurance emprunteur.

Certaines taxes peuvent également être déduites. C’est notamment le cas de la taxe foncière. 

Les provisions pour charges de copropriété sont déductibles. Elles doivent toutefois être régularisées l’année suivante, afin de tenir compte des dépenses réellement engagées.

Pour y voir plus clair, voici l’ensemble des charges déductibles en investissement locatif. 

Type de charges Déductible Conditions
Intérêts et frais d’emprunt Oui Bien en location
Travaux d’entretien Oui Sans transformation
Charges locatives Oui Liées au bien locatif et à son usage
Travaux d’agrandissement Non Modification structure (construction, reconstruction, agrandissement)
Impôts  Oui Taxe foncière, taxe annuelle sur les surfaces de stationnement, contribution sur les revenus locatifs
Frais d’administration et de gestion Oui Dépenses liées à la gestion locative
Assurance Oui Bien locatif

Source : Bulletin officiel des finances publiques - Impôts

Bon à savoir : 

Certains investissements ouvrent droit à une réduction d’impôt (Denormandie ancien, Dispositif Loc'Avantages, Scellier, Duflot, etc). Cet avantage fiscal ne doit pas être confondu avec les charges déductibles du revenu foncier.

Pour être prises en compte, les charges doivent répondre à plusieurs critères précis. C’est souvent sur ce point que les erreurs apparaissent.

Une charge est déductible si :

  • elle a pour objet un logement effectivement loué ;
  • elle a été effectivement payée au cours de l’année ;
  • elle est justifiée (factures, relevés, contrats).

Certaines dépenses sont explicitement exclues. C’est le cas :

  • des travaux de construction ou d’agrandissement ;
  • des dépenses à caractère personnel ;
  • des charges non liées à la location.

En d’autres termes, si vous transformez un studio en deux pièces ou si vous ajoutez une extension, ces travaux ne seront pas déductibles. En revanche, l’entretien ou la remise en état du logement restent éligibles.

L’amortissement est souvent évoqué lorsqu’on parle d’optimisation fiscale en immobilier. Mais attention : il ne s’applique pas dans tous les cas. 

L’amortissement consiste à répartir la valeur d’un bien sur plusieurs années, afin de réduire progressivement le résultat imposable. On parle alors du logement comme d’un actif immobilisé. C’est une logique comptable utilisée notamment dans certaines formes d’investissement locatif.

L’amortissement est réservé à la location meublée (statuts LMNP ou LMP) qui relève du régime d’imposition au réel.

Bon à savoir :

En location nue, le mécanisme d’amortissement n’est pas autorisé.

En location meublée, l’amortissement permet de déduire chaque année une partie de la valeur du bien. Autrement dit, de prendre en compte la perte de la valeur du bien dans le temps.

Attention, l’amortissement est limité ! Le montant déductible ne peut pas dépasser les revenus locatifs après déduction des autres charges. À ce titre, l’amortissement ne peut pas créer de déficit fiscal.