Inflation, pouvoir d’achat et volonté locale : bilan 2025 du commerce indépendant
Selon l’Observatoire du commerce indépendant 2025, 81 % des commerçants déclarent que l’inflation affecte directement leur activité et 83 % jugent la période « tendue » ou « vraiment difficile ». Pourtant, malgré un contexte international instable, le secteur ne cède pas au fatalisme : il s’adapte et revoit ses modèles.
Un secteur sous pression mais toujours en mouvement
L’inflation et l’érosion du pouvoir d’achat restent les deux principaux moteurs de tension. En 2025, 58 % des Français estiment que leur pouvoir d’achat s’est détérioré, tandis que 86 % reconnaissent modifier leurs habitudes de consommation.
Cela se traduit par :
- des achats plus rationnels ;
- une recherche de promotions ;
- une comparaison systématique du rapport qualité-prix.
Du côté des commerçants, l’impact est tout aussi marqué. En effet, 81 % constatent les effets de l’inflation sur leur activité, avec des disparités régionales importantes (notamment dans les Hauts-de-France et en Normandie). Cette pression se traduit concrètement sur la vitalité des commerces : plus d’un tiers des professionnels déclarent un chiffre d’affaires en baisse ou stable entre 2023 et 2024, et 88 % n’ont pas recruté cette année, un niveau en hausse de 9 points en 2 ans.
Pour autant, le commerce indépendant résiste. La moitié des commerçants n’ont pas augmenté leurs prix en 2024 afin de préserver la clientèle, notamment dans la mode et la décoration. Et deux tiers affichent un indice de confiance égal ou supérieur à 5/10 pour 2025 : un optimisme supérieur à leurs homologues européens !
Des consommateurs plus rationnels, mais toujours attachés aux commerces de proximité
La hausse des prix transforme en profondeur les comportements d’achat. 86 % des Français déclarent adapter leur façon de consommer au quotidien et cette évolution se confirme en magasin car 57 % des commerçants observent une comparaison systématique avant achat et 37 % constatent une attente des déstockages plus importante. Car pour certains ménages, la question du budget ne se limite plus aux arbitrages quotidiens : éviter le surendettement, surtout en période de fêtes de fin d’année, est une priorité.
Pour autant, l’attachement au commerce local ne disparaît pas. À prix égal, 50 % des Français continuent de privilégier les commerces indépendants plutôt que la grande distribution, notamment pour la proximité, le conseil personnalisé (24 %) et l’offre locale (44 %). Et 70 % les fréquentent régulièrement, un niveau stable malgré la conjoncture.
Cette fidélité s’explique aussi par les efforts consentis côté commerçants : 50 % n’ont pas augmenté leurs prix en 2024 pour préserver le pouvoir d’achat et 32 % envisagent de maintenir cette stratégie en 2025. Enfin, la montée du « Made in France » et du local gagne du terrain : 39 % des consommateurs se tournent davantage vers des produits français ou européens.


